December 2, 2021

Covid-19, ce qu’il faut savoir cette semaine : le pari de la vaccination


Face à la hausse «fulgurante» des contaminations, le gouvernement élargit la dose de rappel à tous et réduit la durée de validité des tests.

Bonjour,

«Nous faisons le choix de concilier liberté et responsabilité», a déclaré Olivier Véran ce jeudi excluant le recours au confinement ou couvre-feu. Après un Conseil de défense tenu hier, le ministre de la Santé a précisé les mesures décidées par le gouvernement pour faire face à la cinquième vague de l’épidémie: élargissement de la dose de rappel à tous les majeurs cinq mois après la dernière injection et intégration de celle-ci dans le passe sanitaire, retour du masque obligatoire dans tous les établissements soumis au passe sanitaire et enfin, limitation de la validité des tests.

Ce dispositif suffira-t-il à préserver l’hôpital de la saturation et à sauver Noël? On peut l’espérer si la dose de rappel réussit à accroître l’efficacité du vaccin et si les nouveaux antiviraux attendus en décembre tiennent leurs promesses.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro


1. L’exécutif mise sur le triptyque vaccin, test, masque

Le ministre de la Santé Olivier Véran s’est exprimé ce jeudi pour détailler les mesures prises par le gouvernement pour contenir la cinquième vague en France POOL / REUTERS

Vaccin. Le ministre de la Santé Olivier Véran s’est exprimé ce jeudi pour détailler les mesures prises par le gouvernement pour contenir la hausse des contaminations en France. L’exécutif mise avant tout sur la vaccination en élargissant la troisième dose à tous les majeurs à partir du 27 novembre. Une mesure d’ores et déjà plébiscitée par 72% des Français. Mercredi, les prises de rendez-vous pour une dose de rappel sur Doctolib battaient des records avec près de 360.000 créneaux réservés. Cette dose de rappel pourra se faire à partir de cinq mois après la dernière injection et dans un délai de deux mois pour conserver la validité du passe sanitaire à partir du 15 janvier. La vaccination des enfants de 5 à 11 ans, facultative, est envisagée à partir de 2022.

Test. Le test négatif qui permet d’activer le passe sanitaire ne sera valable que 24 heures contre 72 heures auparavant. Il reste payant malgré les pressions politiques pour un retour à la gratuité pour tous. Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a, par ailleurs, annoncé la fin des fermetures automatiques de classe lorsqu’un cas positif est détecté. Les élèves seront, en revanche, tous testés.

Masque. Le ministre de la santé a rappelé l’utilité des gestes barrières, gel hydroalcoolique, aération et port du masque. Celui-ci sera obligatoire à partir de demain dans tous les lieux couverts soumis au passe sanitaire. À l’extérieur également, par décision des préfets, pour certains événements comme les marchés de Noël où le passe sanitaire sera aussi exigé.

Focus sur la troisième dose. La décision d’élargissement de la 3e dose et de réduction du délai suit la recommandation de la Haute autorité de santé publiée ce matin. Elle se fonde sur les projections de l’Institut Pasteur, qui évaluent la réduction du pic des hospitalisations à 39% si le rappel est fait 6 mois après la dernière injection, et à 50% si le rappel est fait à 5 mois. Une manière donc de contrer la baisse avérée d’efficacité des vaccins après quelques mois. «À ce stade, on peut dire que la troisième dose va booster la protection contre l’infection mais on est incapable de dire si elle le fera définitivement, ou temporairement», rapporte l’épidémiologiste Anne-Claude Crémieux.

Du côté des entreprises. Le retour du télétravail n’est finalement pas à l’ordre du jour. Une piste qui inquiétait Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef. Les entreprises dans leur majorité veulent gérer la pandémie sans mesures strictes. Elles ont pour la plupart instauré une dose de télétravail ajustable selon la situation sanitaire. L’heure est plutôt au rappel des gestes barrières et à la vigilance avec en toile de fond la menace d’un renforcement des contrôles agité par la ministre du Travail Élisabeth Borne. Les restaurants, eux aussi, resserrent la vis, imposant de nouveau un contrôle du passe sanitaire un peu oublié ces derniers temps.

2. Une cinquième vague «fulgurante»

Avec la cinquième vague de Covid, la période de Noël pourrait être difficile à l’hôpital. BENOIT TESSIER / REUTERS

Quelle est la situation? Avec plus de 30.000 cas quotidiens, un taux d’incidence passé de 100 à 164 en une semaine, «la cinquième vague démarre de façon fulgurante», remarquait dimanche Gabriel Attal. Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, prédit, lui, à l’hôpital «des semaines pas faciles, autour de Noël». Le pic serait plus élevé que fin août (environ 900 hospitalisations par jour en moyenne hebdomadaire) mais «beaucoup plus limité» que celui de la troisième vague (plus de 2100 mi-avril), a-t-il nuancé devant l’ordre des pharmaciens. On peut «en conservant les paramètres actuels, estimer qu’il y aura environ 3000 personnes en réanimation à Noël» explique de son côté au Figaro l’épidémiologiste Martin Blachier. Un nombre important mais qui reste nettement en dessous des capacités d’accueil à l’hôpital. Les tests, enfin, sont en forte hausse atteignant presque, la semaine dernière, le niveau observé au moment de la fin de la gratuité, mi-octobre.

Les chiffres à retenir en France

  • 1483 malades en soins critiques (+28 depuis la veille)
  • 8765 patients hospitalisés (+240 depuis la veille)
  • 32.591 nouveaux cas détectés en 24 heures (contre 20.294 mercredi dernier)
  • 81 décès en 24 heures (118.705 morts depuis le début de l’épidémie)

Source : Santé publique France au 24 novembre

3. Vaccinés mais contaminés

Le premier ministre Jean Castex doublement vacciné a été testé positif au Covid-19. JOHN THYS / AFP

Pourquoi cette cinquième vague alors que nous sommes vaccinés? Le premier ministre Jean Castex doublement vacciné et testé lundi positif au Covid-19, incarne à lui tout seul la question que tout le monde se pose. Le Figaro fait le point. De nombreux éléments conjugués l’expliquent: variant Delta plus contagieux et baisse d’efficacité des vaccins — selon l’OMS, à cause du variant Delta, les vaccins ne réduiraient aujourd’hui le risque de transmission du Covid-19 qu’à 40% contre 60% auparavant —, relâchement des gestes barrières, météo hivernale. Par ailleurs, certaines personnes répondent mal au vaccin, ce qui était attendu, et 10% encore des plus de 12 ans ne sont pas vaccinés. Les cas graves cependant sont beaucoup moins fréquents qu’à l’automne dernier. La courbe des hospitalisations n’est plus corrélée à celle des contaminations. «Personne ne pense plus qu’il est possible d’empêcher ce virus de circuler. Par contre, on peut espérer arriver à une situation où le pouvoir de nuisance de ce virus sera très faible en protégeant les plus vulnérables par la vaccination», résume Marie-Paule Kieny, présidente du Comité vaccin.

Les chiffres à retenir en France

  • 51,8 millions de personnes ont reçu une première dose (76,8 % de la population).
  • 50,7 millions de Français ont un schéma vaccinal complet (75,2 % de la population).
  • 6,1 millions de doses de rappel administrées.

Source : Direction générale de la Santé au 24 novembre

Un nouveau vaccin. Le vaccin protéique de Novavax devrait bientôt arriver en Europe. L’Agence européenne du médicament (EMA) a démarré l’examen du dossier de la biotech américaine et pourrait se prononcer «d’ici à quelques semaines». D’autres études sont en cours pour évaluer son efficacité en dose de rappel. «Les vaccins protéiques peuvent être très intéressants comme “boosters”, comme l’ont montré dans le passé d’autres stratégies vaccinales, confirme au Figaro Jean-Daniel Lelièvre, spécialiste de la vaccination, chercheur à l’Inserm. Ils présentent aussi l’avantage de rassurer les personnes réticentes à la vaccination.» Ces dernières sont nombreuses en Guadeloupe où des soignants s’opposent à l’obligation vaccinale. Le gouvernement s’est engagé à leur fournir des vaccins contre le Covid-19 sans ARN messager. Une annonce qui ne suffira pas à calmer les esprits dans les Antilles en proie au chaos et à la violence.

4. La nouvelle arme des antiviraux

Le molnupiravir de MSD, commercialisé sous le nom de Lagevrio, devrait être disponible en décembre en France pour les personnes présentant des comorbidités. MERCK & CO INC / REUTERS

De nouveaux traitements. D’ici à la mi-décembre, les médecins français auront la possibilité de prescrire les premiers traitements efficaces pour limiter les formes graves du Covid, préserver l’hôpital et éviter les décès. Les antiviraux développés par les américains Merck Sharp and Dohme (MSD) et Pfizer devront être pris tôt après l’apparition des symptômes, pour réduire rapidement la quantité de virus fabriquée par l’organisme et bloquer le basculement dans la deuxième phase du Covid à l’origine des hospitalisations. «Ces molécules, curatives, ne remplacent pas les vaccins préventifs, précise Mylène Ogliastro, vice-présidente de la Société française de virologie. Mais elles ont un intérêt pour les personnes fragiles, comme les immunodéprimées, qui répondent mal à la vaccination.»

5. Passe et masques

Passe sanitaire. Le passe sanitaire est exigé pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs accueillant plus de 50 personnes (cinéma, théâtre, concerts, festivals, etc.). De même pour les restaurants, les bars, à l’intérieur comme à l’extérieur, dans les trains, les cars et les avions, les maisons de retraite et établissements médicaux. Les lieux de culte ne sont pas concernés. Il est obligatoire pour se rendre dans les centres commerciaux de plus de 20.000 m², si le taux d’incidence du département est supérieur à 200. Depuis le 30 septembre, les jeunes de 12 à 17 ans y sont également soumis. Pour rappel, le passe sanitaire n’est pas un certificat de vaccination. Pour qu’il soit valide, il faut être soit totalement vacciné (avec une dose de rappel au maximum sept mois après la dernière injection à partir du 15 janvier), soit présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 24 heures ou une preuve de guérison (un test positif) de plus de 11 jours et de moins de 6 mois. Il se présente sous la forme d’un QR code stocké dans l’application TousAntiCovid ou sous format papier.

Le port du masque est toujours obligatoire dans les lieux clos soumis au passe sanitaire et à l’extérieur lorsque la distanciation n’est pas possible (marchés, files d’attente, quais de gares, etc.). Certaines communes ou départements ont réimposé le masque en extérieur. À partir du 15 novembre, il est de nouveau obligatoire pour les enfants dans les écoles primaires situées dans tous les départements quel que soit le taux d’incidence.

Un certificat pour voyager. Depuis le 1er juillet, les Européens peuvent voyager plus facilement au sein du continent grâce à des preuves certifiées de vaccination ou de tests négatifs rassemblées dans un document unique. En format numérique ou papier. Attention cependant, chaque pays peut continuer d’appliquer des règles spécifiques.

6. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Porter un masque dans les espaces publics quand la distance de deux mètres ne peut pas être respectée
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

7. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes, le plus souvent la toux et la fièvre.

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer. Dans le cas où le test est positif, l’isolement doit durer 10 jours à compter des premiers symptômes.

À la semaine prochaine.

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